JE HAIS NOËL [en novembre, mettons]

En fait, pas juste en novembre. Plutôt jusqu’à ce que j’aie complété mes emplettes de cadeaux. Bref, je hais Noël jusqu’au 24 décembre.

The_Grinch_by_UBob

Bien entendu, il n’en a pas toujours été ainsi. À un très jeune âge, je guettais l’arrivée des cadeaux du Père Noël, me précipitant chaque matin dès mon réveil vers le sapin afin de voir si ce dernier m’avait apporté tous ces beaux joujoux que je voyais en rêve et que je lui avais commandé [en espérant qu’il n’ait point oublié mon petit soulier]. Cela ne dura qu’un temps. Car bien que je ne m’appelle pas Isaac Newton, le gamin que j’étais à l’époque eut tôt fait de réaliser que le système de livraison du petit papa Noël violait allègrement toutes les plus élémentaires lois de la physique.

Faire le tour du monde en une nuit avec des rennes volants pour livrer des cadeaux à tous les enfants du monde [MÊME CEUX SANS CHEMINÉE]? Come on man.

Je suis malgré tout parvenu à surfer quelques années supplémentaires sur la vague [le tsunami!] de l’haletant calendrier de l’Avent. Quel plaisir quand même que celui de se lever à l’aurore pour s’élancer en direction d’un calendrier de carton illustré d’une image ringarde afin de pouvoir se délecter d’un gargantuesque 25g de vieux vieux chocolat au lait pendant les 24 jours qui précèdent l’anniversaire de la naissance du kid de Nazareth.

Arriva cependant une phase de graduelle désillusion. À la fin de mon enfance, j’ai réalisé que Poste Canada m’avait habilement berné, les o du fameux code postal pour écrire au pôle Nord étaient en fait des zéros. HOH OHO mon cul. Avoir les bas qui amassent les aiguilles de sapin a fini par me rendre las. Personnifier Joseph dans la crèche vivante de ma douce paroisse de St-Louis-de-Gonzague-de-Pintendre m’a achevé.

Fuck Noël.

Je tempère mes intempestifs propos. Fuck la période pré-Noel. Celle qui débute en novembre, quand on commence à nous pousser les ritournelles nowellesques dans tous les commerces. Le catalogue des chansons des fêtes se limitant à une vingtaine de tounes reprises des centaines de fois, il y a de quoi virer fou. C’est aussi une période meublée de publicités agressives incitant à la consommation, le tout dans un décor ambiant qui pourrait prétendre à la ceinture de champion de la quétainerie sans le moindre complexe. What’s up avec les boules et les jeux de lumière dans des conifères?

À ce sujet, j’ai d’ailleurs été stupéfait de constater que la petite épicerie de mon quartier arborait déjà son look des fêtes le 17 novembre. Du jour au lendemain, on avait notamment suspendu une immense quantité de flocons décoratifs au plafond. On me traitera sans retenue de puriste mais au milieu du mois de novembre, m’est avis que s’il y a plus de neige dans la décoration de ton épicerie que dans la grasse chevelure de ton boucher, tu te dois de revoir tes priorités en tant que commerçant.

Certes, cette période de l’année n’est pas totalement dénuée de plaisir. Notons au passage que de se saouler de la façon la plus corporate possible au traditionnel party de bureau s’avère souvent être un bref mais fulgurant baume sur les plaies qui ne tardent jamais à apparaître en ces sombres moments. Relevons également l’effort de guerre de Télé-Québec dont les épisodes de Ciné-cadeau arrivent chaque fois en apportant un salut évoquant l’oasis en plein désert.

Qu’on ne se méprenne guère: j’aime Noël. Être avec sa famille, engloutir du pâté de viandes, des salades de pâtes et de la bûche avec une classe porcine, jouer aux cartes jusqu’au lever du soleil. Aller jouer au hockey sur une patinoire extérieure avec des kids du village qui essaient leurs nouveaux patins fraîchement déballés. Mettre un peu trop de Baileys dans son café pour ensuite le siroter tranquillement en écoutant la maisonnée qui s’éveille peu à peu. Écouter Love Actually en pleurant coupant des oignons.

Mais voilà, j’emmerde la lente attente avant les réjouissances. Et je déteste l’achat des cadeaux, les foules denses des centres commerciaux [avec leur musique de Noël, encore une fois], les stationnements surpeuplés et le manque d’inspiration quand vient le temps de dénicher l’ultime cadeau.

D’ailleurs, je croyais bien avoir enfin trouvé la solution à cet épineux problème que représente l’offrande de présents et j’avais développé un solide concept cette année. J’avais en fait prévu utiliser une approche old school. À mes quelques amis hipsters, j’envisageais donner des pommes et des oranges, question d’être vintage. Et puis pour le reste de ma famille, je comptais bien utiliser la bonne vieille technique des rois mages: distribuer aléatoirement de l’or, de la myrrhe et de l’encens. Mais bleh, après avoir conscieusement googlé le tout [qu’est-ce que de l’esti de myrrhe?] et réalisé que le cours de l’or s’élève à 1250$ l’once, j’ai bien peur que ce plan autrement parfait et génial tombe à l’eau.

J’imagine que je devrai donc me rabattre sur d’autres trucs old school comme l’amour et les certificats cadeau. Oh well.

Joyeux Noël.

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2 réflexions sur “JE HAIS NOËL [en novembre, mettons]

  1. Voici un point de vue intéressant….j’aime ton texte…..je te lis au moment même où je suis en totale admiration devant un sapinage tout décoré à la fois de lumières et de neige toute blanche qui tombe droit, droit, droit….

    Emmerdant le magasinage d’accord!!!…Et vive les certificats cadeaux d’accord aussi….et surtout surtout, vive tout simplement l’AMOUR en cadeau partagé avec les nôtres à Noël, ….aucun équivalent à mon avis…!!!!

    Mais voilà, quel bonheur de se laisser imprégner dès la fin novembre, de la belle magie qu’apporte l’incandescence de toutes ces lumières qui illuminent et attendrissent les décors enneigés..Même pas encore décembre diras-tu à cela je répondrai que puisque c’est là devant moi tout simplement en cet instant même, peu importe la date, je me laisse bercer par la beauté de la MAGIE du moment!!! Et vive le temps des Fêtes!

  2. Mes décos de Noël sont sorties depuis novembre. DÉBUT novembre. Et j’ai déjà commencé à ré-écouter tous mes films de Noël depuis tout aussi longtemps ! Parce que oui, j’ai DES films de Noël. Qui par définition emploient des mauvais acteurs, des décors quasi papier mâché et de la belle neige artificielle (en général qui ne survient que dans les 3 dernières minutes du film ! ). Oh ! et j’achève mes cadeaux !

    Folle assumée, tu dis ? Si seulement j’étais pas seule de mon espèce… Au bout du compte je finis souvent par être déçue parce que pu personne veut mettre un peu de magie là-dedans… Ça aime mieux grincher.

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