Coeur (d’artichaut) surgelé

Youknowyouwantit

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Ce sont les légumes congelés qui m’ont mis la puce à l’oreille. Certes, il y a eu les documentaires, Stephen King, Radiohead, les échecs, les Maxi-Fruits, la cartomancie, la peinture à numéros et les cartes Magic mais rien avant les légumes surgelés n’avait su soulever le doute chez moi. C’est que voyez-vous, je commence à soupçonner sérieusement que je suis inapte à faire preuve de modération.

En théorie, il n’y a rien là pour vous émoustiller la papille gustative. Des légumes simili cuits, rarement les plus savoureux (mention honorable toutefois au poupon maïs), qu’on réchauffe ensuite à la vapeur question de bien récolter ce bon goût typique de l’H2O. Or ça ne m’empêche pas d’en avoir une so-li-de quantité chez moi. Je n’irais pas jusqu’à dire que je pourrais nourrir une armée mais amenez-moi un bataillon de braves gaillards et je les sustente avec du brocoli bouilli sur un moyen temps.

J’en stocke mais j’en mange aussi. Avec du poulet grillé au BBQ, des pâtes arrosées de sauce soya, un filet de saumon poêlé, carrément seuls, légèrement grillés à broil ou encore avec du boeuf haché. Au dîner, au souper, comme collation. Que ceux qui pourfendent les légumes surgelés se rétractent! Le mélange californien de Sélections offre un rapport qualité/prix simplement indécent. Il y en a qui ont fait de la prison pour moins que ça. Et que dire du mix thaï de marque Irrésistibles, un mélange salement princier qui goûte la noblesse dans ta yeule.

Toujours est-il que je consomme le légume surgelé à une vitesse folle, comme le ferait un enfant avec des jujubes achetés avec l’argent des consignes de canettes de la maisonnée. Je m’empiffre de carottes bouillies et je bâfre en me goinfrant de fèves mi-croustillantes. Mais voilà, je suis conscient que je vis sur du temps emprunté. Immanquablement arrivera un jour maudit où je serai tout simplement incapable de manger une seule autre croquée de ces légumes, trop écoeuré. Et pourtant, je suis inapte à tempérer mon enthousiasme et faire preuve de parcimonie.

Joseph Léonard, un prêtre belge dont j’ignorais complètement l’existence avant de googler “citation excès” il y a douze secondes, disait que c’est le plus grand des excès que de n’en faire aucun. Je veux bien man mais tu réponds quoi à la SAQ qui dit que la modération a bien meilleur goût? Et plus accessoirement, tu me réponds quoi si je te dis que je commence à craindre que je sois incapable de me retenir de tomber dans l’excès et que je me lasse de tout ce dont j’abuse?

Parce que quand j’écoute les 24 premiers épisodes de Prison Break en 24 heures et que je n’en écoute jamais plus parce que j’en ai fait une overdose, ce n’est pas trop mal. Je vis assez bien aussi avec le fait de ne plus supporter d’entendre les Backstreet Boys après un passage à la préadolescence un brin trouble. Mais je fais quoi mettons si ça arrive aussi avec les trucs plus importants. Je fais quoi si j’ai la chienne que ça arrive avec les personnes dont je deviens trop proche? Une fille dont je m’éprendrais?

Ouin, non, cours toujours Joseph. Je ne deviendrai pas prêtre non plus.

La question demeure entière c’pendant.

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